Le bruit lié au trafic automobile cause des milliers d’AVC : que font nos élus?

Cette courbe montre les différentes mesures du bruit routier au cours de l’étude, au domicile des participants.
Nous y avons rajouté le niveau de bruit enregistré sur les bords de la RN20.

Les accidents vasculaires cérébraux (AVC) sont une cause importante de décès et de handicap. Ils sont causé par unn caillot bloquant une artère du cerveau (80% des cas), ou encore par une artère du cerveau qui se met a%CC%80 saigner (20% des cas). Ils sont plus fréquents chez les personnes ayant une hypertension artérielle en particulier si elle est mal contrôlée. Des scientifiques Danois ont voulu évaluer si le bruit généré par les routes pouvaient en plus du risque d’hypertension et d’infarctus du myocarde, augmenter aussi le risque d’accidents vasculaires cérébraux.

Passage de poids lourds en pleine nuit, klaxonnes, revêtement ancien de la chaussée, excès de vitesse, pluie, sont autant de facteurs qui accroissent encore le bruit généré par le trafic routier. Seuls les élus locaux et les préfets sont compétents pour améliorer cet environnement routier subit par les habitants. Ils ont donc une responsabilité majeure sur les conséquences engendrée par ces bruits liés a%CC%80 la route.

150 000 français font un AVC chaque année, au moins 20% en meurent dans le mois qui suit et 60% en gardent des séquelles a%CC%80 vie (paralysies).

Quel lien entre route et accident vasculaire cérébral?

Une population de 57 053 personnes, âgée de 50 a%CC%80 64 ans, donc assez jeune, a été invitée a%CC%80 participer a%CC%80 l’étude. Un bilan du mode de vie (alimentation, exercice physique..), des facteurs de risques (tabac, hypertension…), pouvant favoriser les accidents vasculaires cérébraux étaient réalisés chez chacun des volontaires. Leurs adresses étaient collectées et un bilan d’exposition au trafic routier était réalisé a%CC%80 chacun des domiciles a%CC%80 4 reprises au cours de l’étude. Le bruit était mesuré a%CC%80 différentes reprises pour chaque domicile : il était mesuré sur la façade la plus exposée, de 07 heure a%CC%80 19 heure, de 19 heure a%CC%80 22 heures, puis de 22 heures a%CC%80 7 heures du matin. Afin d’isoler la responsabilité du bruit lié au trafic, les scientifiques ont recherché tout autre cause environnementale susceptible d’accroitre le risque d’accidents vasculaires cérébraux. Les bruits éventuellement associés d’un chemin de fer ou d’un aéroport a%CC%80 proximité des domiciles étaient ainsi mesurés : 17% des participants étaient exposés a%CC%80 un bruit de chemin de fer supérieur a%CC%80 60 dB et 1% aux bruits aériens supérieurs a%CC%80 55 dB. La pollution aux dioxydes a également été évaluée de 1993 a%CC%80 2006 a%CC%80 toutes les adresses des participants.

Sur une durée de suivi de 6 ans des 51 485 participants âgés de 50 a%CC%80 64 ans, 1881 (3,7%) ont fait un accident vasculaire cérébral. Chaque augmentation de 10 dB s’associe a%CC%80 une augmentation de 14% du risque d’accident vasculaire cérébral et cela indépendamment de tous les autres facteurs, que ce soit la pollution, l’existence d’une hypertension, ou l’existence d’autres sources de bruits qui vont bien sur augmenter ce risque. Pour les personnes âgées de plus de 64,5 ans, ce risque monte a%CC%80 +23%. (les risques absolus ne sont pas disponibles)

Le risque d’accident vasculaire cérébral causé par le bruit va toucher en particulier les personnes les plus fragiles, les personnes qui ont plus de 64 ans. Pour les participants les plus jeunes de l’étude, le risque d’accident vasculaire cérébral est associé au bruit pour un bruit supérieur a%CC%80 77 dB et s’accroit même de 48%. Pour les plus âgés, le risque d’accident vasculaire cérébral s’accroit pour des bruits inférieurs a%CC%80 60 dB.

Si l’on rapporte ces résultats sur le bruit provoqués par la RN20, on voit que les habitants subissent un bruit déja%CC%80 bien plus élevé que les patients de l’étude. Le risque pour les habitants le long de la RN20 est donc parmi les plus élevés. Par ailleurs le bruit sur le RN20, atteint largement les 77 dB, un bruit qui augmente aussi, selon l’étude, le risque d’accidents vasculaires cérébraux chez les plus jeunes (autour de 50 ans).

Le lien entre le bruit du trafic routier et le risque d’accident vasculaire cérébral pourrait également être encore augmenté par un trafic nocturne particulièrement bruyant. Les troubles du sommeil contribuent aux risques vasculaires cardiaques et cérébraux. Ceci est encore plus vrai pour les personnes âgées du fait des problèmes de sommeil qu’elles rencontrent

Il revient a%CC%80 nos élus locaux et au préfet de l’Essonne de veiller a%CC%80 l’application des loies sur la circulation et sur la nocivité du bruit. Combien d’élus cherchent seulement a%CC%80 les appliquer. Cette inefficacité tue des habitants de nos communes chaque année.

Source

Road traffic noise and stroke: a prospective cohort study
Mette Sørensen, Martin Hvidberg, Zorana J. Andersen, Rikke B. Nordsborg, Kenneth G. Lillelund, Jørgen Jakobsen, Anne Tjønneland, Kim Overvad, Ole Raaschou-Nielsen
European Heart Journal Advance Access published January 25, 2011

Lire aussi le chapitre consacré aux conséquences du bruit sur notre santé

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